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Etonnant !!!

Voici quelques exemplaires, toujours de la ville de Sion, de vues stéréoscopiques. Il s'agit d'un procédé simple qui utilise la vision pour créer un effet de 3 dimensions. Ces images étaient regardées à l'aide d'un appareil appelé stéréoscope et permettait une vision claire de ces photos.

Pour les intéressés, un historique complet de la stéréoscopie, rédigé par le Professeur André Garides et publié en mars 2010 sur le site www.galerie-photo.com

Avec un peu d'entrainement, il serait possible de voir cet effet 3D sans appareil.... Alors bon courage et tenez nous au courant si vous réussissez........


Nous avions le plaisir de vous faire découvrir une pièce exceptionnelle (cascade de la Pissevache), mais voici qu'une deuxième pièce vient se rajouter... date : vers 1855.... peut-être même avant...


Il s'agit d'une vue stéréoscopique sur plaque de verre par Grillet, photographe du Roi à Naples. Il s'agit peut-être de Ferdinand II des deux Siciles, dont le reigne s'est étendu de 1830 à 1859. Cette pièce est exceptionnelle car on y découvre un Rhône non endigué qui serpente entre Saillon et Fully, ainsi qu'un beau balcon accroché au flanc de la Tour de la Bâtiaz. Et en étudiant d'un peu plus près la photographie (malheureusement pas visible ici car la résolution choisie ne le permet pas), on ne retrouve pas la trace du chemin de fer....






     Voici la tour de la Batiaz, avec son balcon.....



Il s'agit d'une vue stéréoscopique de la Cascade de la Pissevache à Vernayaz.

Remarquez la charrette et le cheval (ce n'est pas un fantôme, mais le temps d'exposition étant assez long, le cheval a bougé sa tête !).



                                          ********************


La ville de Sion en stéréoscopies, les photographes et un petit aperçu des autres régions du Valais.


N° 1

Wiliam England - été 1863


N° 2

A noter que pour la ville de Sion il existe deux vues différentes portant le même numéro. La première qui date de 1863 et la seconde de 1865. Cette différence se remarque par la petite construction qui jouxte la Tour des Sorciers (le toit est en construction en 1863) et par la grandeur de l’actuelle Avenue Ritz.


N° 3

A. Braun - vers 1860  -  Le Marché de Sion

N° 4

A. Braun - daté au dos du 13/9/66 - Suisse Sion
Cette pièce est assez rare, car la seule connue en Suisse est déposée auprès des archives fédérales des monuments historiques à Berne !

N° 5

A. Braun - Vers 1860 - N° 1273 - Sion
On remarque sur cette image un reste assez significatif des remparts de la Ville de Sion. Ces remparts ont été détruits dans les années 1820 à 1840

N° 6

A. Braun - vers 1866 - Vue de Sion




Autres vues stéréoscopiques de la Ville de Sion


N° 7

  L. Fizanne - Photographe - Paris


N° 8

  Léon Bloch - Editeur à Genève


N° 9

 Emile Pricam - Genève


N° 10

Underwood - 1901



N° 11

     J.A. (Jean Andrieu) - 1867  -  Vue de Tourbillon N° 2289


N° 12

Inconnu - View of Sion


N° 13

Inconnu - Sion


N° 14

Inconnu - Vue de Tourbillon


N° 15

Inconnu - Ste Marie de Sion et ruine du château Valeria


N° 16

Inconnu - Suisse - vue de Sion (vers 1870)


N° 17

Panorama de Sion, Vallée du Rhone.
Vers 1870, colorisée. From James Cremer's, Stereosocpic Emporium, 18 south Eighth St., Philadelphia


N° 18

FERRIER à PARIS : Intitulé au dos : 674 - Montagne du Séminaire à Sion (Suisse)
Cette stéréoscopie date des années 1850-1860. Il s'agit d'un tirage abluminé.


N° 19

Intitulé au dos : Entrée de la Vallée de Sion - Valais Suisse par Knight & Sons London entre 1855 et 1865


N° 20

N° 2288 - Sion , vue de Tourbillon Valais (même série que la N° 11)


N° 21

N° 91 - Sion par Léon Bloch à Genève / Suisse et Savoie vers 1870


La série suivante, non datée, comprend 3 cartons mais les images sont collées au recto et au verso.



Rue de Lausanne avec le château de Valère en fond - vers 1900 - auteur inconnu



Valère - vue de l'est



Jeune chevrier à Sion



Le même chevrier


                                 Autres vues stéréoscopiques du Valais


 Salvan



Martigny


Il est à noter que cette vue est très ancienne car sur le sommet de la tour il n'y a pas le petit arbustre que l'on voit sur la photo suivante. On peut estimer la date de cette image à 1860. Il s'agit d'une oeuvre d'Ad. Braun.



Cette vue, effectuée par Tairraz Frères est datée au dos "Aug. 7th 1866". On aperçoit le petit arbre sur le sommet et on devine la ligne de chemin de fer qui passe dans la vallée du Rhône. Elle est intitulée "132 - Vallée du Rhône et tour de la Bathia".
Cette stéréocopie nous a été généreusement offerte par M. Osric Boland de Schaffouse.



Cette vue de Martigny est colorisée. Vers 1870. From James Cremer's, Stereosocpic Emporium, 18 south Eighth St., Philadelphia


Liddes


Cette stéréoscopie est désignée "312 Switzerland Village of Prozhouse". Elle est en réalité une "image pirate" d'une stéréoscopie de William England. Il s'agit, en fait, d'une photo de la photo mais elle date plus ou moins de la même période que l'originale, soit vers 1865. Vous l'avez certainement reconnu, il s'agit de l'entrée du village de Liddes.


Grand St-Bernard


Voici une très belle stéréoscopie des chanoines du St-Bernard. Cette vue date de 1865 et est une production de William England.


 St-Maurice


Superbe vue de l'entrée de St-Maurice par Charnaux à Genève. Cette stéréoscopie date du début des années 1880. Elle est intitulée : N° 83. Saint Maurice Le Pont


 La Cascade de la Pissevache


Cette vue représente la Cascade de la Pissevache près de Vernayaz. Elle n'est pas datée et son auteur est inconnu. Cependant, on peut retenir la date de 1880.


Les Gorges du Trient


Très belle stéréoscopie d'A. Braun, vers 1865, intitulée au dos
"N° 2896 - Trient (Valais) Intérieur de la Gorge du Trient"


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Nous nous permettons de reprendre un article publié sur le site suivant en mars 2010 et qui retrace très bien l'histoire de la stéréoscopie. 
Il est rédigé par le Professeur André Garides, Professeur émérite (cinéma et audiovisuel) à l'Université Lumière-Lyon2.

Nous remercions le Professeur Garides qui nous a aimablement autorisé à reprendre son article.

André Gardies, pouvez-vous nous présenter l'histoire de la photographie en relief ?

La photographie en relief, aussi surprenant que cela puisse paraître, est aussi ancienne que la photographie "plate" (la photographie telle qu'elle est répandue aujourd'hui). L'invention de l'image en relief est même antérieure à celle de la photographie, puisqu'en 1838, Wheatstone, membre de la Société Royale de Londres, invente un dispositif à miroirs restituant le relief (je rappelle que la date officielle de l'invention de la photographie est de 1839). Par ailleurs le principe de l'obtention d'une image en relief avait déjà été posé dans l'Antiquité par Euclide et repris par Léonard de Vinci, en 1484.

En 1844, David Brewster applique le principe de Wheatstone à la photographie ; la photographie stéréoscopique est née. En 1850 Duboscq construit le premier  stéréoscope en série.
C'est à partir de 1851 que la grande vogue de la photo en relief va se développer, grâce à l'influence de la Reine Victoria qui s'est vue offrir un stéréoscope et est une grande fervente de ce procédé, ainsi que sous l'impulsion, du moins pour la France, de l'abbé Moigno.
Entre 1851 et 1880, le  succès de la stéréoscopie est considérable; c'est son âge d'or, en particulier sous le second empire. Elle suit tous les progrès de la photographie : daguerréotypes, ambrotypes, négatifs-papier, négatifs-verre, albumine ou collodion. Parfois pour les épreuves on procède
au coloriage et même au trucage, pour les "diableries" notamment.

Dans les toutes dernières années du XIX° siècle, un changement important se produit (lié à l'évolution technique de la photographie) : le monde amateur s'ouvre largement à la pratique photographique, y compris stéréoscopique. Un industriel français comme Jules Richard, pendant cinquante ans, sera le grand spécialiste du relief, mais tous les autres
fabricants affichent à côté des appareils "classiques" des appareils stéréoscopiques. L'un de ses premiers usages sera celui de l'inventaire du monde (mouvement général), il se poursuivra encore au début du XX°, comme auxiliaire pédagogique dans les écoles primaires. Tout le secteur commercial de la carte postale et de la photo touristique sera irrigué par l'usage de la stéréoscopie.
Avec des hauts et des bas, la photographie stéréoscopique sera très vivace jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale.

Son usage se perd brutalement au début des années 50, au moment où l'industrie américaine met sur le marché un très grand nombre d'appareils stéréoscopiques. Il y a là un vrai mystère. A tel point que même les historiens de la photographie ne semblent pas se préoccuper de cette question. La disparition n'est plus seulement technologique ou commerciale, elle atteint aussi notre mémoire collective.

Quel est le principe de la photographie en relief ?

le principe de la photographie en relief est très simple : il consiste à reproduire les conditions de la vision binoculaire. En effet c'est parce que nous avons deux yeux (et un cerveau !) que nous voyons en relief. L'œil droit et l'œil gauche ne voient pas exactement la même chose, l'un voit un peu plus à droite, l'autre un peu plus à gauche. Le cerveau traite alors les informations qu'il reçoit des deux yeux et, à partir des différences, il peut "calculer" le relief.
Pour la photographie il faudra reproduire les conditions au moment de la prise de vues et au moment du visionnage.

A la prise de vues il faut prendre deux photos du même objet légèrement décalées, l'une sur la gauche, l'autre sur la droite. Pour cela on peut soit utiliser un appareil spécial avec deux objectifs (et deux chambres), soit "coupler" deux appareils classiques et les déclencher en même temps, soit enfin avec un seul appareil prendre une première photo, un peu à gauche, une deuxième, un peu à droite. Cela suppose, dans  ce dernier cas, que l'objet photographié est statique.

Au visionnage il faut donner à chaque oeil la photo qui lui revient, d'où l'emploi classique d'un stéréoscope (appareil muni de deux oculaires) ou d'un projecteur à deux objectifs.

Pourquoi la photographie en relief a-t-elle quasiment disparu ?

Je le disais tout à l'heure, la disparition de la photographie stéréoscopique est un vrai mystère. Plusieurs hypothèses ont été avancées, mais personnellement je n'en trouve aucune vraiment convaincante. 

La première, à mon sens totalement erronée, pour ne pas dire dénuée de sens, voudrait que la photo relief ait eu un usage immoral : il y aurait eu trop de photos indécentes ou pornographiques. Que je sache, aucun moyen de communication n'a été rendu caduc par l'usage érotico-pornographique. Je pense que Canal+ aurait bien du mal à accepter cette idée. La concurrence du cinéma lui aurait été fatale. Peu convaincant, car la photographie plate a connu cette même concurrence (si tant est que c'en soit une).

Deux raisons restent plus probantes: 
- la nécessité de procéder au montage minutieux des "couples" stéréoscopiques. La manipulation va à l'encontre de la facilité technique revendiquée par les marchands
aujourd'hui ; 
- la photo classique s'expose, se montre, elle est immédiatement publique ; la photo stéréoscopique passe par un dispositif, le stéréoscope ou les lunettes, bref par une prothèse ; elle s'archive plus qu'elle ne s'expose.

Malgré ce, reste une autre question mais qui est aussi une réponse: la stéréoscopie disparaît parce qu'elle n'a pas été reçue socialement comme un bon objet esthétique. Il n'y a jamais eu de photographes célébrés pour des photographies en relief... mais alors la question est déplacée : pourquoi
n'est-elle pas un bon objet ? C'est une autre question, très importante, mais tout aussi délicate quant à la réponse.



Voici un autre petit historique de la stéréoscopie

Le début (1820 à 1840)

L'histoire de la photographie débute vers 1820 lorsque le physicien français Nicéphore Niépce réalise les premières photographies positives à l'aide de bitume de Judée déposé sur une plaque métallique. 

Préparé sous forme de vernis, le composé devient blanc et insoluble lorsqu'il est exposé à la lumière. Après exposition d'une plaque, il suffit donc de dissoudre les parties peu ou pas exposées pour obtenir une photographie. La grande avancée technologique réside dans l'obtention pour la première fois d'images stables. En effet, l'action de la lumière sur des composés chimiques est connue depuis plusieurs siècles. Ainsi au dix-huitième siècle, on réalisait à la chambre noire des profils de visages sur un papier imprégné de chlorure d'argent, mais, exposé à la lumière, le profil noircissait rapidement et l'image était perdue.

Lorsque Niépce meurt, ses essais sont prometteurs mais le travail est inachevé. La photographie se trouve au stade d'études de laboratoire. Un peintre et expérimentateur talentueux - Daguerre - reprend les travaux de Niépce avec l'objectif de les exploiter commercialement.

La stéréoscopie (dès 1840 à 1870)

Nous percevons le relief surtout parce que nos yeux transmettent au cerveau deux images légèrement décalées spatialement. En plaçant devant nos yeux deux dessins qui représentent un objet vu sous deux angles différents, un dessin destiné à être vu par l'oeil gauche, l'autre par l'oeil droit et à condition de placer une lentille optique entre l'oeil et le dessin, l'objet est vu en relief.

Obtenir un couple de photographies est simple. Il suffit de prendre une première photographie, puis de déplacer légèrement la chambre photographique avant de réaliser la seconde photographie. Les clichés sont fixés sur un support, l'un à coté de l'autre. le couple photographique est placé dans un stéréoscope, ou regardé avec des lorgnons. Il est possible aussi de percevoir le relief sans instrument, à condition de parvenir à faire diverger les yeux.

Les premières photographies stéréoscopiques datent de 1840. La photographie stéréoscopique connaît alors un essor foudroyant en 1851, avec la présentation d'épreuves à l'exposition universelle de Londres.

La photographie stéréoscopique d'édition décline à partir de 1870. Trente ans plus tard, la carte postale illustrée reprend le thème de l'instantané et de la scène de genre, à une plus grande échelle s'il est possible.

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